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République Démocratique du Congo

Les Maman Shujaa, Héroïnes du Congo, se sont fait entendre pour que les voix des Congolaises soient entendues, pour que leurs rêves et leurs combats soient connus, et pour travailler ensemble et influencer la politique internationale. Aujourd’hui, la République Démocratique du Congo est l’une des régions les plus actives de notre réseau mondial, et les femmes de la RDC gagnent en force.

Visitez notre nouvelle page régionale sur la RDC pour entrer en contact avec cette communauté croissante.

Défendre l’Environnement en RDC

Madeleine Bwenge a travaillé toute sa vie à la préservation et à la protection de l’environnement, dans un pays riche en ressources naturelles mais enfoncé dans les conflits. Elle donne aux femmes les moyens de participer aux décisions qui impactent à la fois l’environnement et leurs vies.

« Nous devons éduquer les femmes afin qu’elles puissent prendre part aux débats environnementaux. »

Madeleine Bwenge

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J’ai appris à aimer la nature grâce à mon père. Je le voyais planter des arbres tout autour de la maison familiale. Ces arbres grandissaient et devenaient des abris naturels pour les oiseaux qui nous réveillaient le matin en chantant. Ils servaient également de délimitation entre notre terrain et celui de notre voisin ; si jamais une dispute devait survenir à propos de la démarcation, elle serait résolue par l’administration grâce à ces arbres.

Mon père plantait également des arbres fruitiers aux coins du terrain. Ils produisaient des fruits magnifiques pour nous chaque saison. Certains de ces arbres nous servaient également de médecine naturelle pour nous aider à soigner nos maladies ; leurs branches et leurs feuilles ont permis à ma famille de construire notre maison et des abris pour nos animaux.
Tout cela m’a beaucoup marquée enfant. C’est pour cela que je me bats depuis trente ans pour la protection de l’environnement au Congo.

Les mots me manquent pour décrire la beauté de mon pays, la République Démocratique du Congo. Il est vrai que c’est l’un des plus grand pays d’Afrique, et certainement l’un des plus riches en ressources naturelles renouvelables et non-renouvelables. Cela en fait un espace prédisposé à un développement durable, respectueux de l’environnement.

Mon pays a un réseau fluvial dense. La rivière Congo, la cinquième plus importante au monde, est la seconde en termes de débit moyen. Son potentiel énergétique est phénoménal. Mon pays dispose également de 170 millions d’hectares de forêts naturelles, qui représentent approximativement 10% de toutes les forêts tropicales dans le monde, et plus de 47% de celles en Afrique.

Malheureusement, les conflits nourris par le désir de s’accaparer ces ressources semblent menacer perpétuellement la paix et la nature en RDC. Nos forêts sont pillées sans ménagement et la déforestation qui en découle menace la biodiversité de la flore et de la faune, et accélère le changement climatique. Le pillage de nos ressources naturelles mène directement à la guerre et à l’insécurité, qui perpétuent à leur tour la pauvreté, le viol de femmes et de filles, les meurtres, et d’autres violations des droits de l’Homme.

Après avoir terminé mes études en 1979, je me suis retrouvée comme par magie employée au Ministères de l’Environnement, de la Conservation de la Nature, et du Tourisme malgré mes 20 ans. Quatre ans plus tard, je devenais la première femme Superviseure de l’Environnement dans notre pays. Selon mes supérieurs hiérarchiques, ma promotion était un test destiné à prouver qu’une femme ne pouvait pas gérer le département environnemental.

J’ai réussi à leur démontrer le contraire, et dans les années qui ont suivi, j’ai continué ma carrière en tant que cadre administrative puis comme directrice de la division environnementale dans ma province du Sud-Kivu. Aujourd’hui, je continue à exercer ma passion pour la nature à travers mon travail avec des organisations d’éducation à la défense de l’environnement. Je communique sur ces questions via des médias locaux, des articles de journaux, et un engagement direct avec le peuple congolais. Ces initiatives m'ont récemment valu d'être nommée Directrice de l'Information et de l'Education à l'Environnement pour la province du Sud-Kivu par le Ministre de l'Environnement.

Quelques exemples de projets auxquels nous travaillons : réhabiliter les sites naturels abîmés par la déforestation ; créer un programme d'éducation à l'environnement en français et swahili pour la radio et la télévision ; créer des briquettes fertilisantes pour réduire les effets de la déforestation au Kivu ; ouvrir une bibliothèque et un centre de l'environnement destiné au public et à l'éducation ; développer la recherche autour des coutumes et traditions congolaises qui promeuvent le respect de l'environnement ; lancer une investigation autour du non-respect des droits des femmes sur les sites miniers artisanaux ; et sensibiliser les jeunes à la protection environnementale au Nord et Sud-Kivu.

Malheureusement, je vois peu de femmes actives dans ce secteur. Bien que les femmes soient couramment exclues de toute décision importante liée à l'environnement, je crois qu'il est essentiel que la participation des femmes dans ces processus, qui ont un impact sur leurs vies, soit encouragée. Sans cette participation, les femmes sont privées de leur rôle dans la gestion des ressources naturelles du Congo, et elles ne bénéficient pas de leur exploitation commerciale.
Les effets négatifs de l'exploitation minière sont clairement visibles dans nos régions, surtout par les femmes. A cause de la guerre et de la pauvreté, les femmes sont obligées de se prostituer autour des sites miniers, ce qui les rend extrêmement vulnérables aux maladies sexuellement transmissibles, y compris le HIV/SIDA. D'autres femmes travaillent au fond des mines et portent des chargements très lourds. Certaines sont mortes après avoir porté des chargements plus lourds qu'elles-mêmes, et le risque de fausses couches et autres complications pour les femmes enceintes est élevé à cause du dur travail physique et de leur exposition à la poussière et aux particules toxiques dégagées.

Parce que les femmes ne sont pas présentes dans les organisations environnementales, elles ne bénéficient pas des ressources naturelles de leur pays. Au contraire, elles sont les premières à souffrir des conséquences néfastes de l'exploitation environnementale et des conflits que cette dernière provoque. Pour changer cela, nous devons apprendre aux femmes à s'engager sur ces questions liées à l'environnement.

En éduquant les femmes, on éduque tout le pays. Je crois que les familles congolaises, et particulièrement les femmes, ont un rôle majeur à jouer dans la sensibilisation de leurs enfants à l'amour et au respect de l'environnement. Les enfants qui, comme moi, grandissent en apprenant à apprécier leur environnement, le défendront une fois adultes.

Connectez-vous avec Madeleine Bwenge.

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Nous tenons à adresser nos très sincères remerciements à toute l'Equipe de World Pulse pour ce travail impécable consistant à la production d'un Magazine spécial où les voix des femmes congolaises se font entendre.
Nous apprécions à notre juste valeur le souci de promouvoir les femmes congolaises en leur offrant des espaces pour s'exprimer, faire valoir leurs compétences, faire entendre leurs voix pour dénoncer en face du monde tous ce qui avilissent la femme et l'anéantit.
A travers World Pulse, les langues des femmes congolaisent se voient déliées. Grâce à World Pulse, plusieurs révendications et plaidoyers des femmes congolaises en faveur de retour de la Paix arrivent au Conseil de Sécurité des Nations Unies et produisent des effets positifs.
World Pulse constitue pour les femmes congolaises une espace d'échange qui nous permet d'étaler nos compétences techniques multi-sectorielles.
L'Exemple de nos nombreuses publications visant la Défense et la Protection de l'Environnement en RDC en font foi.
Nous disons de vive voix "Merci" à WORLD PULSE.
RECOMMANDATION : Puisse World Pulse demeurer pour les femmes du monde entier une Interlocutrice valable pour la recherche de la PAIX, la JUSTICE et la PROMOTION DU GENRE.

Madeleine

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